COMMENT L’ANXIETE EMPÊCHE DE SE REALISER

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COMMENT L’ANXIETE EMPÊCHE DE SE REALISER

Depuis la pré-adolescence, Madame D. éprouve un important inconfort psychologique lorsqu’elle s’apprête à vivre une situation potentiellement stressante pour elle. Plus jeune, elle appréhendait des semaines en avance la fête d’anniversaire de sa meilleure amie car elle serait amenée à y rencontrer des personnes qu’elle ne connaissait pas. Aujourd’hui, elle appréhende des semaines en avance un entretien d’embauche et s’en rend malade au point de ne plus en dormir de la nuit voire de ne pas s’y rendre du tout. Toujours dans cette logique d’évitement, elle limite ses interactions sociales aux personnes de son entourage proche et éprouve des difficultés voire refuse catégoriquement d’aller vers les autres pour formuler des demandes même simples et peu engageantes. Madame D. ressent un profond malaise intérieur (apparition de sentiments dépressifs dus à l’isolement) et se sent prisonnière de sa peur des autres qui, à présent, peut se manifester dans des situations de plus en plus diversifiées.

IMPACTS SUR LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL ET LES RELATIONS SOCIALES

L’anxiété est un trouble psychique causé par la crainte d’un danger. Elle peut se limiter à des situations particulières comme la prise de parole en public ou bien elle peut se généraliser et impacter tous les aspects d’une vie. Au quotidien, nous sommes tous susceptibles d’être exposés à l’anxiété à un moment donné. Il est tout à fait normal d’appréhender un examen ou un entretien d’embauche et ce, d’autant plus lorsque cette situation représente un enjeu important pour soi : l’obtention d’un diplôme et donc la possibilité d’exercer le métier sur lequel on se projette depuis des années ou l’obtention d’un poste afin de s’assurer une sécurité financière par exemple. Cependant, chez certaines personnes, l’anxiété peut avoir tendance à se chroniciser et à devenir un réel handicap pouvant entraver l’épanouissement personnel et la réalisation de soi. Une personne malade de son anxiété serait capable, comme madame D. ci-dessus, de ne pas se rendre à son examen ou à son entretien d’embauche parce qu’elle se sent débordée et qu’elle ne dispose sans doute pas de ressources internes et externes pouvant l’aider à mieux gérer cette situation. Au-delà de ses manifestations, ce trouble psychique peut être source d’une immense souffrance car il peut freiner l’accomplissement de projets personnels et professionnels ayant une réelle signification pour soi et engendrer une culpabilité constante face à l’incapacité répétée à surmonter ses peurs.

De manière générale, les troubles anxieux ont un retentissement variable d’une personne à l’autre en fonction de son contexte social, familial et professionnel. L’anxiété n’est pas toujours bien accueillie par l’entourage familial, les amis proches ou les collègues de travail. Une personne sujette à des troubles anxieux demande beaucoup d’attention car elle aura besoin d’être rassurée ponctuellement lorsqu’elle se retrouve face à la situation responsable de son anxiété ou de façon permanente lorsqu’elle est généralisée. Dans tous les cas, la patience est de rigueur mais elle n’est pas une vertu pour tout le monde, au même titre que l’empathie ou la capacité à se rendre disponible pour l’autre. Au manque de temps et de disponibilité de l’entourage, s’ajoute l’incompréhension.

Le propre de l’anxiété est qu’elle se base, la plupart du temps, sur des croyances limitantes, des théories et des scénarios catastrophiques irrationnels créés de toutes pièces par le cerveau. Avant une prise de parole devant un groupe de travail, une personne modérément anxieuse, soumise à un « stress positif », y verra un challenge et parviendra à transformer ce stress en une source d’énergie salvatrice pour le bon déroulement de sa représentation. Rappelons que le stress est une réaction d’adaptation naturelle face à un événement. En contrepartie, une personne souffrant de troubles anxieux y verra un réel danger et ne pourra s’empêcher d’imaginer le pire. Il est également possible qu’à force de s’attendre à des résultats négatifs, elle finisse par modifier inconsciemment ses comportements en fonction de ses croyances, ce qui aura pour conséquence de faire advenir le résultat craint. En plus d’être une prophétie auto-réalisatrice, il s’agit aussi d’une forme d’auto-sabotage. Ainsi, en proie à toutes ces peurs et croyances limitantes qui apparaissent de manière automatique et prennent le contrôle de sa vie, la personne anxieuse restreint ses actions et ses possibilités d’évolution et/ou de succès.

LES CAUSES ET LES PROPOSITIONS DE PRISE EN CHARGE

Les causes de l’anxiété sont multifactorielles (génétiques, environnementales, intra-psychiques), mais il me semble important de m’appuyer principalement sur les conflits psychiques internes pouvant être à l’origine d’un tel mode de fonctionnement. En soi, l’anxiété n’est peut-être pas le problème qu’il faut à tout prix régler. Il y a autant de personnes anxieuses que d’anxiétés différentes si j’ose dire. Il convient de ne pas définir la personne uniquement à travers son symptôme, mais de s’intéresser à ce qu’elle est bien au-delà de ça, de retracer son parcours de vie, de cerner l’environnement familial au sein duquel elle s’est développée ou encore de relever des fractures existentielles ayant pu faire le terrain de l’anxiété. Un mode de fonctionnement sort rarement de nulle part, et doit être pensé comme le résultat d’un ensemble d’éléments interagissant constamment entre eux.

Par exemple, l’anxiété sociale dont madame D. fait l’objet a pu prendre racines au sein de l’environnement familial et éducatif. Des parents eux-mêmes peu sociables ou surprotecteurs peuvent, dans leur volonté de bien faire, engendrer une peur du monde extérieur pouvant freiner l’enfant dans sa conquête de relations paisibles avec autrui. Par ailleurs, des expériences relationnelles potentiellement traumatiques jalonnées de moqueries, d’humiliations permanentes et/ou d’agressions physiques peuvent gravement affecter l’estime de soi et la confiance en soi et engendrer une méfiance permanente à l’égard d’autrui. Ici, nous supposons que pour aider madame D. à surmonter son anxiété sociale, il serait opportun, dans un premier temps, d’accueillir et d’écouter activement les blessures anciennes et de les panser en aménageant un espace de parole sécurisant, dépourvu de jugement et d’évaluation. Ensuite, il conviendrait d’identifier et de cibler avec madame D. les pensées et les croyances négatives orchestrant les conduites d’évitement ou de mises en échec, puis conjointement à cela, de l’aider à identifier et exploiter les ressources internes et externes susceptibles de rehausser son estime de soi et sa confiance en soi, et de l’aider à mieux gérer son anxiété. Entre autres, des outils tels que l’hypnose, la relaxation, la méditation ou la sophrologie peuvent être proposés en guise de support. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont également préconisées pour le traitement des troubles anxieux. Couplées à une approche bienveillante et à un cadre rassurant, elles pourraient être une source de soulagement.

Conjointement à une prise en charge psychothérapeutique, les troubles anxieux peuvent faire l’objet d’une prise en charge pharmaceutique à court terme (prise d’anxiolytiques sur des périodes limitées) ou à long terme (prise d’anti-dépresseurs). La durée du traitement varie en fonction du type de trouble et de son évolution. Le choix du traitement doit s’effectuer, de préférence, avec la participation active du patient. Chaque traitement possédant ses propres contraintes, il convient de questionner les attentes et les besoins du patient avant l’établissement du protocole. Je tiens à rappeler que les prises en charges médicamenteuses sont assurées par un psychiatre. Le psychologue n’a pas pour fonction l’administration d’un quelconque traitement. De plus, les médicaments ne sont pas une fin en soi mais ils sont tout à fait complémentaires à un accompagnement psychothérapeutique et vice versa.

Si les troubles anxieux sont graves et difficiles à équilibrer, une prise en charge médico sociale ou une Affection Longue Durée (ALD) demandée par le médecin référent sont nécessaires.

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