COMMENT UN PSYCHOLOGUE PEUT-IL VOUS AIDER ?

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COMMENT UN PSYCHOLOGUE PEUT-IL VOUS AIDER ?

“La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L’homme qui se connaît est un homme vivant.”
Marie-Madeleine Davy

Depuis quelques semaines, mois, années, vous avez constaté que vous ne vous sentez pas bien dans vos baskets, vous avez le sentiment d’être spectateur de votre vie, ou vous avez repéré dans votre fonctionnement les signes d’un trouble psychique. Vous disposez d’un entourage soutenant, disponible et aimant, mais les nombreuses confidences engagées ne semblent plus suffire à apaiser votre mal-être. Ou bien, votre entourage ne vous apporte pas l’écoute et le soutien dont vous avez besoin, et vous vous sentez seul face à votre malaise intérieur. Petit à petit, le projet d’entamer un travail sur vous-même et de rencontrer un psychologue se présente à vous, mais vous vous demandez comment des conversations avec un(e) parfait(e) inconnu(e) pourraient vous permettre d’évoluer dans votre cheminement personnel voire de pallier aux symptômes préalablement identifiés. Il s’agit d’un questionnement tout à fait légitime auquel je vais tenter d’apporter une réponse simple, claire et orientée par mon expérience.

UN PSYCHOLOGUE, C’EST QUOI ?

Avant toute chose, définissons ce qu’est un psychologue. Il s’agit d’un professionnel de la santé mentale, dont le diplôme et le titre sont validés par l’Etat. Il est enregistré auprès de l’Agence Régionale de Santé dont il dépend, et possède un numéro ADELI, attestant de son lieu d’exercice et de ses diplômes. Il est formé à la compréhension et à l’analyse du fonctionnement psychique humain et des facteurs internes et externes pouvant l’influencer. En fonction de sa spécialité, le psychologue dispose d’outils théoriques conceptuels et méthodologiques spécifiques, à partir desquels il peut répondre à une demande et proposer une prise en charge personnalisée et adaptée. Le psychologue est soumis au secret professionnel, et plus largement, à un code de déontologie. Celui-ci vise d’une part, à réglementer sa pratique quels que soit ses modes et ses cadres d’exercice, et d’autre part, à vous protéger vous, en tant que possibles futurs patients. Un psychologue n’est pas un médecin ou un psychiatre, il ne prescrit pas de médicaments. Le psychologue peut travailler dans le public et dans le privé. Il peut se mettre à son compte ou être salarié.

Il existe beaucoup d’idées reçues sur la discipline et la profession de psychologue : “un psychologue ne parle pas, “la psychologie n’est pas une science”, “un psychologue c’est pour les fous”, “parler à un psychologue c’est comme parler avec un ami”. Cet article n’a pas pour vocation de déconstruire toutes ces croyances, mais j’espère que les éléments apportés ci-dessous vous éclaireront sur ce qui fait, par exemple, la distinction entre une conversation avec des amis proches et un travail thérapeutique engagé avec un professionnel de la santé mentale. De plus, comme expliqué dans mon précédent article “Comment devient-on un psychologue”, il existe de multiples façons d’exercer la psychologie. Enfin, j’ajouterais qu’au-delà des spécificités théoriques, conceptuelles et méthodologiques, il y a autant de psychologues que de manières de travailler. Si vous avez déjà entamé votre recherche et rencontré des psychologues, vous constaterez que nous sommes tous différents. Si la posture professionnelle peut être influencée par nos orientations respectives, en tant qu’êtres humains à part entière, nous possédons également notre propre style relationnel. A mes yeux, votre adhésion à la relation thérapeutique dépendra en partie de votre sensibilité (j’ai même envie de dire de votre “feeling”), et de l’adéquation entre le cadre qui vous sera proposé et vos attentes/besoins par rapport au suivi.

AU COMMENCEMENT EST LA RENCONTRE

La pierre angulaire de tout suivi thérapeutique est la qualité de la relation qui va s’engager entre le patient et son accompagnant. Qu’il s’agisse d’un infirmier, d’un médecin, d’un ostéopathe ou d’un psychologue, ce sont deux personnes et par extension deux histoires qui se rencontreront et auront des points de dissonance ou de résonance l’une avec l’autre. La rencontre avec un psychologue est d’autant plus particulière qu’elle initiera un véritable travail ainsi qu’une grande révolution sur vous-même. Elle vous conduira à explorer les profondeurs de votre monde intérieur. Par conséquent, l’une des conditions indispensables au démarrage de votre travail psychologique sera votre aisance avec le psychologue ou le thérapeute qui vous accompagnera. Il peut arriver que les rendez-vous avec différents professionnels s’enchaînent sans que vous parveniez à avoir une réelle accroche avec l’un d’entre eux. Puis, un jour, vous rencontrerez celui entre les mains de qui vous déposerez votre histoire en toute confiance. Il s’agit d’ailleurs de l’élément clé de la relation thérapeutique. Sans confiance, un travail de soutien et d’accompagnement psychologique ne peut pas être amorcé. Sans confiance, il ne peut pas y avoir cette alliance thérapeutique qui vous permettra de co-construire les objectifs du travail à accomplir et d’avancer ensemble. Cette confiance repose également sur le respect réciproque du cadre posé entre le patient et son psychologue, et leur authenticité l’un envers l’autre. Une multitude d’autres facteurs peuvent influencer la qualité de la relation et de l’alliance thérapeutiques. Parmi eux, nous pouvons citer le respect de la temporalité psychique du patient, l’absence de jugement et d’évaluation et l’apport d’une écoute active et empathique. Une telle posture permettra au patient de s’engager sereinement dans la relation thérapeutique, de se sentir écouté et soutenu, de progresser et d’évoluer à son rythme.

Entamer un suivi avec un psychologue représente une démarche très personnelle. Par conséquent, il ne faut pas hésiter à en changer si l’on ne se sent pas à l’aise, à questionner le cadre et les modes d’intervention proposés, voire de définir d’éventuelles nouvelles pistes de travail. Vous êtes acteur de votre suivi, le psychologue sera le collaborateur qui vous aidera à surmonter vos difficultés psychologiques et/ou à identifier les freins et les leviers de votre développement personnel.

LE PSYCHOLOGUE N’AIDE PAS QUE LES “FOUS”

Il n’y a pas de raisons plus valables que d’autres d’aller consulter un psychologue. Vous n’êtes pas obligé de traverser une dépression sévère ou de développer une structure de personnalité psychotique pour avoir recours aux services d’un professionnel de la santé mentale. Vous pourriez avoir besoin d’être simplement écouté et soutenu durant une période d’importants changements dans votre vie : ce peut être un divorce difficile, une transition professionnelle, ou une modification radicale de certaines habitudes de vie. Par ailleurs, vous pourriez avoir un fonctionnement relativement “sain” mais éprouver l’envie d’améliorer certains aspects de votre vie. En fonction de votre demande et de vos besoins, le psychologue peut vous proposer une approche et un cadre adaptés, mais sa démarche principale reste la même : vous accompagner sur le chemin d’une meilleure connaissance/compréhension de vous-même et un mieux-être psychique et/ou social.

_______1. ACCOMPAGNEMENT ET SOUTIEN PSYCHOLOGIQUES

La relation que l’aidant (ici le psychologue) et le patient établissent ensemble crée un espace interpersonnel au sein duquel les personnes sont engagées en tant que telles. Dans cette perspective, le psychologue a une posture empreinte de bienveillance, d’empathie, d’authenticité et fait preuve d’une écoute significativement active tout en étant dans l’acceptation inconditionnelle de l’autre. C’est dans de telles conditions que l’aidé se sentira reconnu et écouté dans ses souffrances, ses doutes, ses incertitudes. Tout le monde peut bénéficier des bienfaits d’une telle relation thérapeutique à un moment donné de sa vie. Ainsi, les enjeux pour le psychologue et pour vous aussi, finalement, seront de repérer les émotions négatives quotidiennement perturbatrices, d’identifier les émotions positives pour en tirer le meilleur parti, d’améliorer la qualité des relations sociales et de parvenir à une meilleure gestion émotionnelle à travers une compréhension approfondie de son mode de fonctionnement, et enfin, de conquérir son autonomie tout en étant accompagné dans les moments difficiles.

Afin de concrétiser mes propos, je pourrais prendre pour exemple l’accompagnement des personnes ou des familles endeuillées. Que le décès ait été attendu ou pas, le départ d’un être cher est vécu différemment en fonction du contexte, des vivants et de la relation que ces derniers investissaient avec le défunt. De plus, un tel événement peut agir comme un catalyseur et mettre en exergue des problématiques intra-psychiques ou intra-familiales actuelles ou enfouies, n’ayant été parfois jamais véritablement élaborées. En tant que rupture biographique dans l’existence de tout un chacun, la Mort fait partie intégrante de la Vie. Elle convoque avec elle les fantômes d’un passé plus bruyant qu’il n’en a l’air, ou peut heurter une personne et une famille si brutalement qu’elles s’en remettront difficilement. Un accompagnement et un soutien psychologiques proposés par un psychologue peuvent aider à soulager la douleur en l’accueillant comme elle vient, à évacuer les charges émotionnelles induites par la perte de l’être cher, et petit à petit, à apprivoiser la douleur de l’absence tout en inscrivant cette perte dans la continuité de la vie. Il ne s’agit pas d’effacer la blessure mais d’en faire quelque chose de créateur pour soi. L’objectif du psychologue sera de travailler avec la personne pour qu’elle reprenne place dans ce monde nouveau, dépeuplé de l’être cher.

______2. LE PSYCHOLOGUE ET SA BOÎTE A OUTILS

La parole est le principal outil du psychologue. Elle est le canal de communication par lequel seront formulés les discours explicites et implicites des souffrances, des difficultés et des histoires de vie amenées par le patient. Le psychologue fera aussi usage de sa propre parole en amenant le patient à revenir sur des nouvelles pistes de travail effleurées durant la séance, en appuyant volontairement sur des éléments clefs afin d’approfondir l’élaboration, ou encore, de faire part de ses analyses et éventuelles interprétations à bon escient, lorsque le patient sera en mesure de les recevoir. De cette manière, il accompagne le patient dans la production de son discours et peut attirer son attention sur des contradictions ou des lapsus par exemple. Tel un enquêteur, il pourra également questionner et orienter le discours vers certaines problématiques récurrentes, qu’il estimera nécessaire de développer puis de surmonter. L’observation fait également partie des outils que le psychologue utilisera tout au long des entretiens. Je pense ne rien vous apprendre en rappelant que le langage corporel, les intonations de voix ou encore les regards, peuvent être bien plus parlants que les mots et expriment parfois tout leur contraire.

Cependant, il peut arriver que la thérapie par la parole s’avère insuffisante. Dans sa conquête de mieux-être et d’autonomie, le patient peut avoir besoin d’un coup de pouce supplémentaire. Aujourd’hui, les psychologues ont la possibilité de se former à une multitude d’approches et de méthodes thérapeutiques permettant de répondre à des demandes spécifiques. Lorsqu’un patient bute dans son cheminement personnel ou manifeste un trouble psychique particulièrement invalidant dans son quotidien (une phobie, l’anxiété, l’addiction…), la nécessité d’entreprendre une thérapie brève peut se présenter au cours du suivi. Elle visera à atténuer voire à faire disparaitre les symptômes sur une durée relativement courte. Parmi les thérapies brèves, nous pouvons citer : l’hypnose Ericksonienne, l’Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR), la programmation neuro-linguistique (PNL), ou encore la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC). Ces thérapies sont davantage orientées sur le “comment” et les solutions, plutôt que sur le “pourquoi” et les causes. Cependant, elles ne sont pas indissociables d’une thérapie par la parole, elles sont même complémentaires, et je souhaite insister fortement sur ce point. Ces outils ne sont pas des baguettes magiques et ne constituent pas une fin en soi !

Lorsque j’étais psychologue stagiaire à l’Institut de Victimologie du Languedoc-Roussillon, j’ai eu l’opportunité d’observer une thérapie EMDR avec l’autorisation de ma référence de stage et de la patiente. J’ai été présente tout au long de la reprise du suivi, fractionné sur plusieurs mois ou années (mes souvenirs sont un peu flous). Evoluant dans un milieu familial toxique, et ayant été témoin du décès brutal d’une personne de sa famille, la patiente revivait l’événement tragique bien des temps après qu’il se soit produit. Sa représentation de l’événement, imbriquée dans un passif familial important, était encore très chargée émotionnellement, ce qui rendait l’élaboration par la parole complexe, et le cheminement personnel de la jeune femme tortueux. Débordée par ses émotions et prisonnière de ce passé qui annulait pour elle toute possibilité d’évolution (et je dirais même d’élévation), ma référente de stage lui a proposé quelques séances de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires.

Contrairement à des idées reçues que j’ai pu entendre, l’EMDR ne fait pas oublier l’événement traumatique et ne s’apparente pas à un lavage de cerveau. En stimulant un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun de nous et nous permettant de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine des symptômes du stress post-traumatique, l’EMDR a prouvé son efficacité et est aujourd’hui reconnue par la Haute Autorité en Santé. De manière générale, cette méthode thérapeutique permet d’atténuer les émotions et les symptômes associés à l’événement traumatique, et ainsi, de mettre à distance le souvenir, de lui faire perdre de sa vivacité. Une fois ce travail accompli, l’enjeu pour le psychothérapeute, sera d’aider le patient à associer ce souvenir à une pensée positive, constructive et pacifiante, et à évacuer d’éventuels restes physiques désagréables. En utilisant l’EMDR conjointement à une thérapie par la parole, par alternance de séances uniquement “parlées” et de séances de désensibilisation, on permet au patient prisonnier de son vécu émotionnel, de donner du sens à ce qui relève de l’insensé, d’apposer des mots sur ce qui relevait jadis de l’indicible, et d’inscrire le tout dans la continuité de sa vie, sans en dénier l’existence et l’importance, et sans que son présent et son futur ne soient définis qu’à travers lui.

Cet article et l’exemple issu de mon expérience ont pour vocation de montrer qu’au-delà des “conversations” avec un professionnel de la santé mentale, l’accomplissement d’une thérapie implique un engagement et une implication mutuels du patient envers le psychologue et réciproquement. Il ne s’agit pas d’un travail passif mais bien d’un investissement, autant financier que personnel. Malgré des hauts et des bas, cette entreprise est aussi une chance que l’on se donne de voir sa vie différemment, de la vivre plutôt que de la rêver, ou encore d’oser plutôt que d’espérer. En réalité, outre les symptômes qui pourraient, tout naturellement, faire l’objet de votre première demande, il s’agira essentiellement de faire connaissance avec vous-même.

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